Le bâtiment
Le plan est celui d'une église romane de pèlerinage avec
son déambulatoire permettant de circuler dans tout l'édifice,
de voir et de prier devant les reliques de différents saints. Ses
proportions sont équilibrées : la largeur de la nef est
de sept mètres, les collatéraux sont de quatre mètres
de large, la longueur du vaisseau est de soixante deux mètres et
la hauteur de la nef sous clef est de vingt et un mètres.
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L'édifice
roman
Cette église se compose d'une nef à collatéraux de
sept travées, d'un transept saillant duquel s'ouvre, sur chaque
bras, une chapelle rectangulaire profonde de deux travées, d'une
abside à déambulatoire flanquée de trois chapelles
rayonnantes. L'absidiole centrale, plus profonde, est précédée
d'une travée droite. Des chapelles gothiques se situent entre les
contreforts des collatéraux de la nef.
La première travée du collatéral nord a échappé
aux destructions, aux remaniements et aux restaurations. Les autres travées,
bien que conservant de nombreux éléments romans, ont été
modifiées par le percement des chapelles au XIVe siècle
et par le couvrement de voûtes d'ogives au XVIIe siècle.
Les grandes arcades séparant le collatéral du vaisseau central
ont été reconstruites au XVIIe siècle. La série
la plus importante des chapiteaux romans est caractérisée
par un décor d'entrelacs et de palmettes. Ce collatéral
nord compte aussi un chapiteau historié qui représente quatre
personnages sous des arcades, deux abbés tenant la crosse, tirant
chacun par le bras deux ermites appuyés sur leur bâton, allusion
très probable à la rivalité entre Conques et Figeac.
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Nef de l'église, vue sur le collatéral sud
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Le collatéral sud a subi de nombreuses restaurations au cours des
siècles. Les bases, les colonnes engagées et les chapiteaux
appartiennent à des restaurations du XIXe siècle. Les chapelles
gothiques ouvertes entre les contreforts et la réfection de toutes
les voûtes font également parties de ces travaux de restauration.
Toutefois il subsiste des bases romanes moulurées par une succession
de tores, de listels et gorges de largeur croissante, ornés d'élégants
rinceaux. A l'exception des chapiteaux des deux premières travées
qui sont modernes, les chapiteaux romans recevant les grandes arcades
ont été conservés. Les corbeilles en tronc de pyramide
renversé sont ornées d'un décor couvrant de palmettes,
de tiges spiralées, de galons perlés ou de fleurons. Quant
à l'élévation du vaisseau central, les grandes arcades
en plein cintre et le mur jusqu'au bandeau soulignant l'étage des
tribunes sont romans.
A l'ouest s'élevait un porche. Il fut détruit en 1823 par
l'architecte Malo. Aucun relevé ne fut effectué avant sa
démolition et il ne subsiste aucune gravure, aucun dessin le représentant.
La seule description existante est celle de Jacques-Antoine Delpon faite
en 1831. Cette description offre la vision d'un clocher-porche à
l'organisation complexe et au décor élaboré. "
Ce clocher s'ouvrait sur trois côtés par un arc unique à
l'ouest et par des arcs géminés au nord et au sud. Sous
une salle haute, un portique de quatorze mètres de long sur douze
mètres de large s'ouvrait par un grand arc appuyé sur deux
colonnes simplement adossées dont le chapiteau figurait un ange,
l'archivolte s'ornait d'ours, de lions, de dragons, dix-huit figures en
tout. L'arc d'ouverture se géminait, retombant au centre sur une
colonne de trois mètres de hauteur, et de part et d'autre sur deux
colonnes engagées couronnées de chapiteaux figurant les
uns des hommes à cheval combattant avec des lances, les autres
des entrelacs. Au fond du porche, à la porte de l'église,
des colonnes adossées s'appuyaient sur des lions. Un tympan sculpté
de petite taille représentait le Christ en majesté entouré
des symboles des évangélistes. " Huit chapiteaux proviendraient
de ce porche. Quatre sont déposés dans l'église,
deux sont remployés à la croisée du transept, un
dans l'église des Carmes et le dernier est conservé au Cloisters
Museum à New-York.
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L'édifice
gothique
Les campagnes gothiques concernent les deux niveaux supérieurs
de l'élévation du vaisseau central au sud ainsi que les
bras nord et sud du transept, le déambulatoire jusqu'aux voûtes
et les chapelles rayonnantes.
Du côté sud, au-dessus des grandes arcades de la nef et du
collatéral, s'élèvent deux niveaux gothiques : l'étage
des tribunes et l'étage des fenêtres hautes. Les tribunes,
qui ont disparu du côté nord, s'ouvrent sur la nef par des
baies géminées aux arcs brisés encadrées par
un arc de décharge retombant sur de fines colonnettes. Cet étage
peut être daté de la seconde moitié du XIIIe siècle.
L'étage des fenêtres hautes est daté de la fin du
XIIIe siècle. Aucun indice ne permet d'affirmer l'existence de
tribunes à l'époque romane. L'escalier à berceaux
rampants et les passages ouverts par des arcs brisés qui desservent
les tribunes datent du XIIIe siècle.
Les remaniements du XVIIe au XXe siècle ont touché essentiellement
la croisée du transept. La jonction du transept gothique avec la
nef romane s'effectue maladroitement. Chaque bras est constitué
de deux travées d'inégale largeur au sol tandis que les
voûtes déterminent des travées égales. Une
coursière portée par des corbeaux sculptés fait le
tour de chaque bras et relie les tribunes de la nef à celles du
chur. Il ne subsiste qu'une voûte gothique, plate et sans
clef, située dans le bras sud. Le portail gothique du bras nord
est souligné par de multiples voussures qu'entoure une archivolte
où figurent des personnages. Les chapiteaux recevant ces voussures
s'ornent de feuillages et d'oiseaux. Latéralement, deux bas-reliefs
très dégradés représentent la Nativité
et l'Adoration des Mages. L'ensemble était surmonté de trois
statues adossées au mur, reposant sur un piédestal et abritées
par un dais sculpté. La construction du bras nord se situe dans
la seconde moitié du XIIIe siècle.
Les restaurations des XVIIe et XVIIIe siècles ont particulièrement
marqué les parties orientales au-delà du transept. L'hémicycle
fut reconstruit, la base et les voûtes du déambulatoire furent
retouchées.
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Chapelle Saint-Isidore de l'église, scène de labour |
L'ensemble des vitraux de l'église fut posé en 1872 par
l'atelier Villiet de Bordeaux. Les vitraux des quinze chapelles sont en
relation avec les dédicaces des fidèles et les saints auxquelles
elles sont dédiées. Des scènes de la vie de saint
François d'Assise, de la Vierge, de du Christ sont illustrées.
Un vitrail présente les âmes au purgatoire. Plusieurs saints
sont également représentés tels que sainte Agathe,
sainte Lucie, saint Eloi, sainte Germaine de Pibrac. Dans l'abside centrale,
l'iconographie des vitraux est liée à la vie rurale avec
des scènes de labours, de moisson et de vendanges, les représentations
de saint Isidore, patron des laboureurs, saint Verny, patron des vignerons
et saint Fiacre, patron des jardiniers.
Dans les bas-côtés, deux vitraux content les légendes
de la fondation de Saint-Sauveur et sa reconstruction. Les vitraux du
bras nord du transept sont liés aux sacrements de l'Eglise : Confirmation,
extrême onction, bénédiction, mariage, Christ entouré
de dix figures masculines, Christ accueillant les fidèles, baptême,
pénitence, eucharistie. La filiation entre l'Ancien et le Nouveau
Testament est évoquée dans le bras sud du transept par le
Christ bénissant, la création du monde, la Vierge à
l'enfant entourée d'anges musiciens et l'arbre de Jessé.
Les vitraux de la nef symbolisent les saintes, saints et pères
de l'Eglise avançant en procession vers le chur. Dans le
chur, l'accent est mis sur la Rédemption et le Résurrection
du Christ : Adam et Eve chassés du paradis terrestre, Nativité,
Résurrection de Lazare, Descente de croix, Christ au Mont des Oliviers,
la Samaritaine et l'Annonciation. Entre le bras du transept nord et le
chur, les arts - théologie, musique, architecture, histoire
- personnifiés par des moines, sont également représentés.
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La chapelle Notre-Dame-de-Pitié
Au fond du bras sud du transept s'ouvre la salle capitulaire construite
vers 1250. Durant la longue période de travaux des XVIIe et XVIIIe
siècles, l'office y est célébré. La salle
capitulaire devient chapelle au XVIIe siècle sous le nom de Notre-Dame-de-Pitié.
Son statut de lieu de culte lui confère de recevoir un véritable
décor de maître-autel. Cette chapelle est divisée
en trois vaisseaux par deux allées de colonnes, chaque vaisseau
possède trois travées voûtées d'ogives. Les
ouvertures ont été remaniées au XIXe siècle
et donnaient jadis sur le cloître.
Le décor de bois sculpté et peint du mur sud date de la
deuxième moitié du XVIIe siècle. Il est l'uvre
des Delclaux, famille de sculpteurs figeacois. Au centre, la Vierge de
Pitié, fut probablement sculptée par Jean Launet. De chaque
côté, deux grands panneaux peints et dorés représentent
la Descente de croix et la Mise au tombeau. Le registre inférieur
est orné, à gauche, de la Vierge des sept douleurs, dont
le corps est transpercé par sept glaives et à droite, figure
l'Enfant Jésus endormi sur la croix, entouré des instruments
de la Passion, iconographie peu commune. Sous la Vierge de Pitié
est représentée la Cène sur le devant d'autel. Ce
programme iconographique dédié à la Vierge répond
au souhait d'émouvoir de la Réforme catholique. La Vierge
des Sept Douleurs présage des ses malheurs à venir, tout
comme le songe de l'Enfant Jésus qui semble déjà
avoir la connaissance de son destin.
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Chapelle Notre-Dame-de-Pitié, boiseries peintes et dorées représentant la passion du Christ et de la Vierge
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Le mur est de la chapelle est orné de dix petits panneaux, en bas-reliefs
polychromes consacrés également à la Passion du Christ.
Ces sculptures sont d'une facture populaire moins élégante
que celle des Delclaux.
Les vitraux installés en 1883 par Henri Feur (successeur de Villiet
à Bordeaux) illustrent quelques scènes de la vie de la Vierge
: Sainte Anne enseignant à la Vierge, Présentation de la
Vierge au Temple, Annonciation, Descente de Croix, Fuite en Egypte, Vierge
aux Sept Douleurs, Présentation de Jésus au Temple.
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