Le palais Balène possédait quatre ailes disposées
autour d'une cour de plan carré et une tour. La circulation se
faisait de façon simple. Le grand portail de la rue Balène
donnait accès à la cour, aux pièces du rez-de-chaussée
et au grand escalier. Le rez-de-chaussée était certainement
occupé par les communs, les entrepôts, les écuries,
une cuisine et une pièce réservée aux gens de service.
La petite maison accolée au nord de l'édifice fut construite
en même temps que le palais et devait servir à entreposer
la nourriture et loger le personnel. L'escalier se développait
en deux volées, dans les ailes sud et ouest et menait vers la "
aula ". Cette salle s'ouvrait par une porte monumentale et se développait
sur toute la surface de l'aile nord.
Cette organisation fut perturbée par de multiples modifications.
Des travaux récents recouvrirent la cour au niveau du rez-de-chaussée.
L'aile sud fut également reconstruite. Ces restructurations conservèrent
les dimensions existantes tout en changeant radicalement l'usage et la
disposition intérieure.
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Histoire
Le palais Balène porte aujourd'hui le nom de la famille noble originaire
de Salviac (près de Gourdon), propriétaire au XIVe siècle.
En 1345, deux frères Balène se battirent en duel l'un contre
l'autre. Les deux moururent l'un durant le duel, l'autre par condamnation
pour fratricide. Le palais fut alors confisqué par le duc d'Aquitaine
et roi d'Angleterre, Edouard III. En 1372, des officiers d'Edouard III
vendirent le palais aux consuls de Figeac qui le donneront au comte d'Armagnac
peu de temps après pour payer leur dette envers lui. En effet,
le comte avait versé aux anglais la rançon qui libérait
la ville des troupes anglaises. Mais à la fin de la guerre de Cent
Ans, Charles VII, roi de France, confisqua les biens du comte d'Armagnac
et notamment le palais. En 1473, sous ordre du Roi, ce palais redevint
la propriété des Figeacois.
Le palais Balène connaîtra alors plusieurs affectations successives
entraînant transformations et destructions. Pendant les guerres
de Religion, le palais devint un temple pour les protestants et le premier
étage fut occupé par les assises du sénéchal
du Quercy. Au milieu du XVIIe siècle, le palais Balène devint
tribunal et prison puis subit d'importants travaux à la fin du
XVIIIe siècle. A la fin du XIXe siècle, le tribunal quitta
le palais et une école fut installée. Au début du
XXe siècle, après deux incendies, des réparations
furent entreprises et le Foyer Municipal, avec un théâtre
puis un cinéma, furent aménagés. Deux campagnes de
travaux restaurèrent le palais : entre 1937 et 1942 puis entre
1977 et 1981.
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Les façades
Suite aux travaux de 1937-1942, la cour fut recouverte d'une dalle de
béton afin d'obtenir une large salle en rez-de-chaussée.
Ainsi, il est actuellement impossible d'avoir vue sur les façades
intérieures des quatre corps de bâtiment. De plus, le rez-de-chaussée
aménagé en salle tend à effacer cette répartition
qui est toutefois encore soulignée par des arcades. En revanche,
le premier étage a gardé son système de corps de
bâtiment distribué autour de la cour, mais celle-ci fait
désormais figure de terrasse.
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Détail des voussures du portail de la façade est |
La façade
est
Côté rue Balène, cette façade présente
l'entrée du palais médiéval. Elle est matérialisée
par un portail monumental s'ouvrant sous un grand arc brisé de
six mètres de large et de cinq mètres vingt de hauteur.
Il présente une large voussure composée de neuf tores tantôt
simples, tantôt soulignés d'un listel. Celle-ci est portée
par des colonnettes à chapiteaux ornés de feuillages aux
formes ondulantes. Au-dessus de ce portail s'élevait auparavant
une tour de trois étages. Le rez-de-chaussée fut fortement
remanié par les campagnes de restauration du XXe siècle.
Le premier étage présente de nombreuses traces de l'état
médiéval. Deux grandes fenêtres à réseaux
donnaient le jour à la salle appelée chapelle Saint-Louis
puis salle Saint-Fargeau durant la Révolution. Le réseau
est la partie supérieure de la fenêtre. Il a une fonction
décorative mais également une fonction pratique ; il permet
à la lumière de mieux pénétrer dans la pièce.
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La façade
nord
Cette façade s'élève actuellement sur une impasse
et ne possède qu'un seul étage souligné par un cordon
régnant. Des baies croisées du XIVe siècle y sont
encore visibles.
La façade
ouest et " l'appendice "
Un bâtiment récent s'adosse aujourd'hui à cette façade.
Elle n'est visible que sur sa partie nord. Le reste, en très mauvais
état, peut s'observer en passant derrière des bâtiments
modernes. La partie la plus spectaculaire se trouve au premier étage
où une terrasse fut aménagée. Deux grandes baies
à réseaux y sont presque entièrement conservées.
Elles sont décorées chacune d'un quintefeuille inscrit dans
un cercle sous lesquels se déploient deux trèfles et deux
trilobes retombant sur une colonnette centrale.
Un petit " appendice " est accolé contre la façade
ouest. Celui-ci apparaît comme un petit volume avancé entre
le corps de bâtiment nord et l'aile ouest. L'aile ouest devait être
considérée comme secondaire. En effet, ce mur ne semble
pas avoir été percé d'ouvertures médiévales.
La façade
sud
Le corps de bâtiment médiéval fut détruit afin
d'aménager l'entrée d'un théâtre en 1937. L'architecte
municipal Paul Bories dessina alors une façade néo-gothique
ornée de masques de la comédie et de la tragédie.
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Essai de restitution du palais médieval en vue axonométrique
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L'aménagement
intérieur médiéval
L'accès à chaque rez-de-chaussée des corps de bâtiment
se faisait par la cour. L'aile nord actuellement la plus vaste de toutes
était divisée par des cloisons de bois. Le mur nord a conservé
une cheminée construite entièrement dans l'épaisseur
du mur, exemple unique à Figeac.
La salle médiévale était desservie par un escalier
dont la première volée se situait dans l'aile sud et la
seconde dans une partie de l'aile ouest. Cette aula mesurait environ vingt
mètres sur dix mètres et était ouverte par quatre
baies à réseaux et cinq croisées. On y entrait par
une porte monumentale décorée de fines moulures et surmonté
d'un trilobe. Les nombreuses voussures moulurées de tores ou de
listels rappellent le décor du portail de la façade est.
Seuls la tour et le corps de bâtiment est possédaient un
deuxième étage. Sa salle médiévale n'était
accessible que par l'escalier en vis que contenait la tour qui y était
logée.
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