Le bâtiment
Sur la façade sud, façade principale, le rez-de-chaussée
s'ouvre par deux arcs de boutique médiévaux. Un étage
d'entresol a été réalisé au XIXe siècle.
Le cordon régnant à l'appui des fenêtres est très
épais et possède une moulure en bandeau souligné
par une gorge et un tore. Les contours des ouvertures du premier étage
sont en grande partie conservés. Ces ouvertures sont restituables
sous la forme de deux baies ternées à colonnettes. Trois
des modillons qui supportaient l'encorbellement du deuxième étage
en pans de bois sont conservés, mais il en existait deux autres,
apparemment sciés. Des traces de poutres de plancher conservées
sur la façade sud attestent de la présence d'un troisième
étage en pans de bois. Ce niveau pourrait également correspondre
à des combles particulièrement élevés. Ces
quatre niveaux confèrent un aménagement exceptionnel dans
une maison médiévale.
Sur la façade est, le rez-de-chaussée s'ouvrait par un grand
arc, actuellement muré, formé de claveaux larges, profonds
et bien extradossés. La porte d'accès aux habitations, haute
et étroite, donnait sur l'escalier qui menait à l'étage.
Elle possédait un système particulier de fermeture avec
les gonds extérieurs ouvrant ainsi le vantail sur la rue. Au premier
étage, un petit arc brisé sans piédroits, comblé
de briques, correspond au seul vestige de la petite cheminée qui
chauffait la salle. Cette cheminée fait l'objet d'une habile reprise
perceptible par quelques blocs cassés de part et d'autre de l'arc.
Ce foyer est donc postérieur à la construction de la maison
mais reste très probablement médiéval. A l'extrémité
nord de la façade s'élève la tête de mur qui
monte jusqu'au niveau de la toiture. Le pilier d'angle servait de support
rigide pour soutenir les planchers et la toiture. Sur cette rue, le mur
n'était pas décoré de modillons sculptés pour
supporter les colombages, mais de larges trous indiquent que le pan de
bois était soutenu par des solives formant encorbellement.
Dans la venelle à l'ouest du bâtiment donnait l'évier
dont la construction en avancée du mur est encore visible. Des
latrines donnaient sur la façade ouest dont la saillie est portée
par des modillons sculptés.
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Essai de restitution de la maison du Griffon
en vue axonométrique
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Chapiteau orné d'un griffon,
détail d'une baie ternée de la façade
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Le décor
Le décor de cette maison romane se concentre sur les baies du premier
étage, celles de la salle. Il se développe sur les sommiers
des arcatures, les piédroits en s'insérant dans les creux
des moulures. Les motifs sont d'une grande finesse et jamais ne se répètent.
Les rinceaux de palmettes sont les décors les plus représentés.
Au sommet des deux piédroits de la deuxième fenêtre
se trouvent deux masques humains, l'un joufflu, l'autre émacié,
l'un barbu, l'autre glabre. Les mèches sont dégagées
par de fines incisions et leurs yeux globuleux sont cernés d'un
épais bourrelet.
Il ne subsiste plus que deux chapiteaux des colonnettes portant les baies
ternées. Le mieux conservé représente un griffon,
animal mi aigle mi lion, motif courant dans l'art roman, traité
ici avec beaucoup de soin et de raffinement dans les détails :
fines plumes du cou légèrement incisées, empennage
plus large des ailes, ruban perlé enroulé sur les pattes,
serres accrochées à l'astragale. Le second, bûché
en façade, présente dans l'épaisseur du mur un lion
grimaçant. Les trois modillons qui soutenaient jadis les pans de
bois offrent également des thèmes courant de l'art roman.
L'un représente un animal fantastique, le deuxième un homme
accroupi et le troisième un masque humain joufflu. Leur facture
est d'excellente qualité et montre un soin tout particulier apporté
au modelé.
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