Une
légende raconte qu'au VIIe siècle, le fleurissement d'une
aubépine en plein hiver aurait indiqué l'emplacement du futur
édifice à Anastase, premier abbé légendaire
de Saint-Sauveur qui souhaitait faire bâtir une église dédiée
à Marie. Cette histoire est à l'origine du nom de l'église
du Puy, Notre-Dame-la-Fleurie, dont le premier prêtre fut Aimar. Le
bâtiment ne semble pas révéler de traces si lointaines.
Les parties les plus anciennes remontent au XIIe siècle. Cependant,
des fouilles récentes et des éléments remployés
dans l'église actuelle attestent de la présence d'un monument
antérieur. Ces indices d'une première église n'ont
pas pu être datés.
Durant les guerres de Religion, les protestants occupèrent la ville
de 1576 à 1622. Contrairement aux autres édifices religieux
de la ville, l'église du Puy fut préservée car elle
se situait dans l'enceinte de la citadelle. Lorsque les protestants quittèrent
la ville, les catholiques démolissèrent la citadelle, dont
une partie de l'église. La seconde moitié du siècle
fut donc consacrée à sa reconstruction et sa décoration
par Antoine Laborie, curé de 1658 à 1699, édificateur
de la Réforme catholique à Figeac. En 1683, le plan intérieur
fut modifié selon les exigences de la Réforme catholique.
Un vaste vaisseau central, large de quinze mètres fut alors crée.
Il comprenait la nef et les chapelles funéraires latérales
auxquelles furent supprimées les murs de séparation formant
ainsi les collatéraux modernes. Après ces modifications, l'enveloppe
architecturale reçut en 1696 un retable monumental dédié
à la Vierge.
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L'Edifice
Au XIIIe siècle l'église se composait d'une nef étroite
à simples collatéraux, d'un transept saillant et d'un chur
à chapelles latérales sur deux travées terminé
par une abside flanquée de deux absidioles. L'élévation
de la nef se développait sans doute sur trois étages avec
des tribunes au niveau intermédiaire qui devaient se prolonger
tout autour du transept dont les bras étaient voûtés
d'ogives. L'élévation d'un clocher à la croisée
du transept débuta à cette période. De cet édifice,
il ne subsiste que les trois absides du chevet.
Vers 1330, l'église fut agrandie. Des chapelles funéraires
furent ouvertes dans le prolongement des bras du transept, d'abord dans
les collatéraux du chur, puis dans les collatéraux
de la nef. Le clocher du transept fut achevé. Une nouvelle façade
occidentale fut réalisée. Elle s'ouvre par un portail en
arc brisé, sans tympan. Ses multiples voussures retombent sur de
minces colonnettes surmontées de chapiteaux feuillagés aux
tailloirs polygonaux. L'archivolte est garnie de feuillages et d'animaux
fantastiques. Une rose composée d'un cercle polylobé et
de quatre quadrilobes éclaire les parties hautes.
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Nef de l'église, vue sur le collatéral nord et le retable majeur
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Peinture des tentations de saint Antoine collatéral sud
découverte lors des travaux de 2003 |
Durant les guerres de Religion, l'église subit de graves dommages.
Les protestants prirent Figeac en 1576 et le clocher de l'église
devint un donjon tandis que le mur sud fut converti en courtine. La porte
de l'église devint l'entrée de la citadelle. Les catholiques,
après avoir récupéré la ville en 1622, causèrent
les dégâts les plus importants. L'église était
devenue pour eux le symbole du protestantisme. Ils démolirent le
clocher, les voûtes et le mur sud, du bras du transept jusqu'à
la façade. Seul le chur fut épargné.
L'édifice fut reconstruit entre 1658 et 1696 avec un aménagement
répondant aux préconisations de la Réforme catholique.
Les travaux commencèrent par le collatéral sud et continuèrent
par l'achèvement du clocher de la façade ouest pour se terminer
par le pavage de la nef. Un vaste vaisseau central de quinze mètres
fut aménagé englobant la nef et les chapelles latérales
auxquelles furent supprimées les murs de séparation. L'espace
des fidèles ainsi crée permettait une plus grande visibilité
des rites. Egalement un retable dédié à la Vierge
fut édifié tel un arc de triomphe à l'extrémité
de la nef. Une chaire à prêcher et des confessionnaux furent
mis en place.
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Durant la période révolutionnaire, la décoration
intérieure de l'édifice subit d'importantes mutilations.
Le retable fut restauré et un orgue fut installé dans la
première travée de la nef. Au XIXe siècle, le curé
Massabie refit bâtir le pignon est, surhausser les murs de la nef
et aménager les terrasses extérieures. Durant ces travaux
le clocher du transept s'effondra et la croisée du transept fut
voûtée. Egalement, le clocher de la façade terminé
au XVIIe siècle fut largement remanié.
Un vaste chantier de restauration et d'embellissement fut conduit de 2001
à 2003. Le parti pris fut de souligner les lignes architecturales
de l'édifice par une teinte ocre retrouvée sous les enduits.
Des traces de pigments rouges et gris sur les clefs de voûtes guidèrent
le choix de leur mise en teinte. De même, des touches rouges et
grises découvertes sur les chapiteaux des chapelles du chevet furent
conservées et complétées. Ces sculptures se différencient
ainsi du reste de l'édifice pour témoigner de la première
église. Enfin, trois ensembles de peintures murales furent dégagés,
témoins des décors réalisés au cours du XVIIe
siècle.
L'église présente aujourd'hui un vaisseau organisé
autour d'une nef à cinq travées flanquée de deux
collatéraux voûtés d'ogive. Le transept ne diffère
pas de la nef, mais est en légère saillie sur le chur
qui suit. La large nef est ouverte par des voûtes d'arêtes
retombant sur des supports romans. L'ensemble des baies sont en arc brisé.
Les arcs doubleaux, de largeur et de hauteur variées, sont en arc
brisé dans la partie orientale de l'édifice et en plein
cintre dans la partie occidentale.
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Tableau de l'assomption de la Vierge, retable majeur
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Détail du tableau de l'assomption de la Vierge,
retable majeur |
Le
retable
Le retable monumental s'élevant jusqu'aux voûtes de l'église
s'interpose entre les chapelles du chevet et la nef centrale dont il occupe
toute la largeur. Daté de 1696 et en bois de noyer, il peut être
rapproché de l'uvre des Tournié de Gourdon. Vaste
construction à deux niveaux, il se développe latéralement
et absorbe dans sa structure les supports orientaux des collatéraux.
La programmation et les symboles mis en uvre sur ce monument gravitent
autour du statut particulier de Marie, à qui fut dédicacée
cette église.
Ce retable, pièce majeure du mobilier de cette église, est
le symbole de l'esprit de la Réforme catholique. Il rehausse la
solennité des rites, déploie les grandes vérités
dogmatiques et donne au fidèle un avant goût de la gloire
du ciel. Tel un écrin, ce décor reçoit deux tableaux
dédiés à la Vierge : l'Assomption, signé en
1683 par Jean Lofficial, artiste figeacois, et le Couronnement dont l'auteur
demeure inconnu. L'Assomption est encadrée par des statues de moines
qui ont remplacé, après la Révolution, celles de
saint Pierre et saint Paul, pères de l'Eglise et garants de la
véracité de l'événement. Au-dessus, la Trinité
est entourée par les statues des parents de la Vierge, Anne et
Joachim. Dans la partie inférieure du retable, des petits panneaux
sculptés illustrent les Vertus : Charité, Foi, Force, Prudence,
Espérance, Justice, Tempérance et Patience représentent
les fondements moraux et sociaux du XVIIe siècle transmis par l'Eglise.
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